Noro senseï nous enjoignait de faire grand. Parlait-il uniquement du geste ?

Devant la réaction positive de ses élèves à la publication de mon livre, en lisant leurs encouragements, j’entends un autre sens à sa parole. Il nous invitait à nous élever et à élever notre point de vue. De haut et de loin, nous rétrécissons, nous rapetissons et nous nous rapprochons. Je le vois quand je pars en montagne. De haut, les maisons deviennent minuscules et le village se resserre. De loin, les divisions semblent mesquines. Au regard du Ciel et de la Terre, les différences apparaissent infimes. Par sa nomenclature technique, par l’appellation de ses mouvements, Noro senseï nous situait entre Ciel et Terre. À cette aune, nous devons trouver la juste place, la nôtre et celle des autres, Frères sous un même Ciel.

Face au feu, les voisins s’unissent. Devant l’inondation, les chamailleries s’interrompent. Dans la tempête, hommes et bêtes, loup et chevreuil, tous partagent un même abri. Au cœur d’une pandémie, retrouvons le sens de l’essentiel. Retrouvons-nous. Grandissons-nous. Répondons au vœu de notre senseï : « Faites grand. »