« Regardant sa pratique (celle de Noro senseï), je vois une réponse à une question fondamentale de la pensée extrême orientale. Celui qui cherche l’harmonie et la grande paix convainc pour vaincre. Sans conviction, chacun se jouerait des règles. Kong Zi, notre Confucius, souhaitait un souverain vertueux, sincère, qui puisse par son attraction unir en son royaume les plus vertueux des hommes, les plus capables aussi. Ainsi l’État se verrait fortifié par un afflux de compétences vertueuses.

Les critiques les plus virulentes de l’enseignement de Confucius vinrent de l’École des Légistes qui, se défiant de la sincérité des hommes, mit en avant la sincérité dans l’application la plus stricte des lois, traitant le Prince à l’égal du plus humble gueux.

Pour que la conduite du peuple soit pérenne et stable, il lui fallait suivre le souverain, ou l’hégémon selon la pensée orientale, sincèrement. Cette sincérité pouvait être celle de l’adhésion ou de la contrainte, de l’enthousiasme ou de la peur. Comme le stipulait Sun Zi, la première chose, lorsqu’on veut conduire une armée est d’édifier un Code des Récompenses et des Punitions. Si le peuple connaît ce qu’il doit souhaiter ou redouter, il voit clairement et agit correctement. Ensuite, il revient au souverain de privilégier tel aspect ou l’autre. Dans les arts martiaux, on peut soit suivre puis amplifier le mouvement de l’adversaire pour mieux le diriger, soit pressentir le mouvement et s’y opposer dès son origine » Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre, p71-72