Le cercle et son extension

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« De la Nature et de ses puissances, nous empruntons la force. À examiner les maîtres, nous découvrons le passage du Souffle. À considérer le Monde et ses habitants, nous envisageons la restitution de l’emprunt que nous avons contracté. Tout est dans ce cercle.
À chaque courbe de la technique, je vois un centre logé ici ou là, proche ou lointain. Si une technique est une suite de courbes multiples, alors elle est tout autant une série de centres et de rayons. Noro senseï dirigeait notre attention vers le cercle et son extension, la spirale. Il aimait les voir dans les innombrables manifestations du Vivant et en retour sentir le Vivant dans chaque partie de son art. » Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre, p213 Photographie de Nguyen Thanh Thiên.

Initiation

« Noro Masamichi senseï a dispensé un enseignement particulier qui procédait par initiation. Cette pratique m’a parfois irrité car trop souvent j’ai vu accolé à cette façon de transmettre, une imprécision, une incapacité à clarifier, une propension à voiler le sens et l’origine de la connaissance. Toutefois, il avançait fidèle à son maître. Lui qui avait étudié son maître dans l’exemple donné chaque jour en cours et hors cours, dans le dojo et hors dojo, il nous transmettait à son tour par l’exemple. Il nous dévoilait sa maîtrise par le geste, l’attitude, un regard. Chez le maître, point d’explication, de complexité, d’exposition des hypothèses et des préambules. Noro senseï enseignait comme son maître avant lui. Il nous dévoilait la chose nue. On ne dévoile qu’une fois, c’est l’initiation. Il revient à chacun ensuite de faire son miel de la vision entr’aperçue. » Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre, p205

Volution

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« La volution, prolongement sur une spirale, est un écho de cette intuition première, elle est aussi la proposition de Noro Masamichi senseï, la restitution de sa vision de l’art de son maître. Il y a une profondeur à cette image que Noro Masamichi senseï n’avait de cesse de nous appeler à examiner.
J’emprunte au violon cette image car je conçois que l’art est le devenir de la technique. » Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre, p27. Photographie de Nguyen Thanh Thiên 2018 Mamiya C220 6×6 80mm f2.8 1/60′ Ilford HP5

Le rite est ce qui rend visible

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« Le Maître a dit : « L’essentiel est le plaisir que nous offrons à l’autre. » Le rite est ce qui rend visible ce cœur, ce qui dirige sûrement nos actes, ce qui donne la juste mesure à nos appétits. Il est poésie au sens où rien ne peut lui être ajouté, ni enlevé. Il est à la fois sobriété et générosité, promesse de don et don lui-même. Il est ce qui nous permet de frapper à une porte inconnue et d’être reçu comme le prophète Élie en personne, comme un Zeus sous cape, comme un apatride qui se trouve un nouveau frère. » Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre, p113. Photographie de Nguyen Thanh Thiên 2018

En librairie

« Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre » est en vente à l’excellente librairie Millepages 91 rue de Fontenay à Vincennes. Je remercie Pascal Thuot pour son accueil. Cela fait 25 ans que j’y cultive ma curiosité. Quand j’y ai vu mon livre dans le rayonnage, en bonne compagnie, j’ai senti que le texte prenait le large et voguait vers de nouveaux horizons à la rencontre de votre lecture. J’ai senti comme une émotion.

Le site de la librairie : http://www.millepages.fr/

Fétichisme matérialiste

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« Mon livre n’est pas conçu à la gloire de Noro Masamichi en tant que personne. Il est destiné à approfondir l’étude de son enseignement. À ce titre, je pouvais aussi multiplier les images de techniques, mais là encore je souhaitais éviter un écueil qui serait de verser dans le « fétichisme matérialiste ». L’art du Maître est plus qu’une collection de clés et de projections. Il est un art, aussi vaste que n’importe quel art, jaloux de sa liberté, rugueux quand on le tutoie. Il est fondé sur l’observation de la Nature, manifestée par ses forces et ses splendeurs. Pour saisir l’esprit du Maître – par Maître, j’entends la chaîne des maîtres qui a trouvé en Noro Masamichi son maillon actuel -, il faut suivre son regard et Noro senseï regardait l’arbre, le Ciel immense et profond, la pousse neuve au jardin.
…Noro senseï nous enjoignait d’agrandir notre espace, de l’occuper pour le faire vivre, avec l’autre. Cet autre, il le voyait multiple comme les images apposées sur les murs de son dojo. Son espace de pratique et d’étude, il le situait entre le portrait de Ueshiba Moriheï senseï et une calligraphie de sa main, un tableau de paysage de montagnes et d’eaux et un autre d’une cavalcade de chevaux. » Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre, p211-212. Photographie de Nguyen Thanh Thiên 2016

Voir l’arbre

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« Était-ce le hara, le centre du corps ? (Noro senseï) regardait mais ne vit aucun seki tanden dans l’arbre qui lui faisait face. Il n’entrevit qu’une élévation continue, puisant dans le sol et se projetant vers la lumière. » Le voyage d’un maître, entre Ciel et Terre, p129-130 Photographie de Nguyen Thanh Thiên 2020

La pratique des 3 temps

La pratique unit 3 temps.

Je salue et les maîtres anciens sont présents. J’avance d’un pas puis d’un autre et encore d’un dans leur manière.

Je rencontre l’autre et je fais Ikkyo, je produis à nouveau leur exemple. Je vis dans ces gestes et je souffle dans le juste rythme.

Je perfectionne l’attitude et je corrige l’ambition. Ainsi je me rends capable de devenir exemple à mon tour, pour la prochaine génération.

La pratique est l’unité de ces 3 temps : passé, présent et avenir. Quand je m’établis dans cette unité, je régénère la pratique, l’enseignement et l’art.

Comprenant cela, je me réjouis et j’espère car espérer est alors raisonnable. En cet An Neuf, je vous invite à la réjouissance, à la pratique qui unit 3 temps.

Ne pas renoncer

Ceci est mon 3e essai. Les vœux viennent avec difficulté cette année. À chaque fois, je reviens à la pratique. La pratique est mon sujet. Alors comment souhaiter des vœux à mes élèves mais aussi à ceux qui ne fréquentent pas le dojo ? Ceux qui sont parents d’élèves, amis, soutiens, lecteurs…? Simplement, en leur souhaitant de pratiquer selon leur cœur, leur pensée, leur chemin de vie. Dit autrement, vivre sa vie selon nos choix et les circonstances. Aux circonstances exceptionnelles, je réponds par une adaptation judicieuse, sans renoncement.

Alors à mon 3e essai, je vous invite à ne pas renoncer et à persévérer, en prenant en compte les évènements. Ceci est étudié et pratiqué dans votre quotidien… et dans le dojo !